Le MIK marque un jalon unique avec l’échange d’informations entre les ministères

Le MIK marque un jalon unique avec l’échange d’informations entre les ministères

Le carrefour d'Information Maritime (MIK) de la base navale de Zeebrugge existe aujourd'hui depuis 11 ans. Depuis la création du MIK, les opérateurs et le personnel de la police maritime fédérale, de la brigade maritime des douanes et de la Marine ont collaboré étroitement pour garantir le maintien de l'ordre dans la partie belge de la mer du Nord et ce, afin de protéger les intérêts nationaux. Depuis le début de cette année, le MIK s'est élargi et compte un quatrième partenaire, à savoir l'unité de la sécurité maritime de la Direction générale des transports maritimes du SPF Mobilité et Transports.

L'approche opérationnelle intégrée existante au MIK deviendra aujourd'hui encore plus efficace avec la mise en œuvre du protocole d'accord signé sur le partage d'informations entre les membres du MIK par les ministres de tutelle respectifs: le vice-Premier ministre et ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, Jan Jambon, le ministre de la Justice, Koen Geens, le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, et le ministre de la Défense, chargé de la Fonction publique, Steven Vandeput. La police maritime fédérale, les douanes et la Marine regroupés au sein du MIK sont maintenant autorisées à échanger des informations entre elles, ce qui va permettre d'optimiser les performances de leurs propres missions de sécurité. Cet échange interministériel d'information est unique dans le monde de la surveillance côtière.

Ces dernières années, les risques maritimes pour notre pays ont augmenté. Outre la pêche illégale, les catastrophes, la présence de mines et de bombes marines des deux guerres mondiales et la destruction de l'environnement marin par la pollution en mer, sont venus s'ajouter à ces menaces : les trafics de drogue, la traite des êtres humains, le transport illégal d'armes, le terrorisme maritime, les activités hybrides dans le domaine cyber et la présence de navires non-OTAN dans nos eaux territoriales.

Cette optimisation opérationnelle a permis de mener à bien l'exercice de sécurité réalisé lors de GUARDEX18 du 3 octobre.

HGH Systèmes Infrarouges remporte un contrat de plusieurs millions d’euros pour équiper des navires de guerre africains avec ses caméras thermiques SPYNEL

HGH Systèmes Infrarouges remporte un contrat de plusieurs millions d’euros pour équiper des navires de guerre africains avec ses caméras thermiques SPYNEL
 

Le 23 octobre, Paris, France – HGH Systèmes Infrarouges a remporté un contrat de plusieurs millions  d’euros auprès de l’un des plus grands chantiers navals du monde, pour équiper trois nouveaux navires de guerre avec la toute dernière génération de caméras panoramiques infrarouges SPYNEL. Dans un contexte de maritimisation de l'économie mondiale, l'entreprise affirme sa position de leader dans le secteur de l’optronique de sécurité pour la surveillance longue distance.

 

Edouard Campana, Directeur commercial chez HGH Systèmes Infrarouges, commente : « Nous sommes fiers d’avoir été sélectionnés comme fabricant de caméras infrarouges privilégié d’une marine africaine pour la surveillance longue distance. SPYNEL 360° et sa technologie d’imagerie thermique infrarouge fait désormais partie des équipements de sécurité indispensables basés sur la technologie infrarouge pour la détection de menaces asymétriques. Nous équipons des ports et des navires militaires depuis plusieurs années maintenant, et ce contrat majeur démontre le leadership d’HGH dans le secteur des capteurs d’imagerie panoramique. Nous nous engageons à fournir la meilleure surveillance longue distance, en mer, comme sur les côtes. »

Ces navires, qui seront construits dans les cinq prochaines années, seront équipés des dernières technologies maritimes. Partie intégrante du système de surveillance du navire, le capteur IRST 360° SPYNEL fournit la plus haute résolution d’imagerie infrarouge au monde. Avec ses capacités de surveillance 24/7, SPYNEL-X peut détecter, pister et enregistrer un nombre illimité de menaces situées à une distance de 15km, de jour comme de nuit, sous toutes les conditions météorologiques. La nouvelle technologie V-LRF inclut une voie visible pour améliorer l’identification des menaces et un télémètre laser pour mesurer la distance, tout en poursuivant le pistage. Ainsi, SPYNEL est le capteur idéal pour fournir la meilleure identification visuelle des menaces potentielles venant des airs ou de la mer.

Les systèmes de surveillance d’HGH ont été sélectionnés pour leur capacité à maintenir un taux de détection élevé sans faux positifs, pour résister à toutes les vibrations qui affectent les navires, et pour leur capacité à rester stables, même face à des vagues de 4 à 6 mètres. Conçus selon les normes militaires, les capteurs SPYNEL ont été choisis par plusieurs marines, installés sur les frégates et plateformes navales à travers le monde. Avec comme objectif de rester en tête de la technologie d’imagerie infrarouge panoramique, HGH Systèmes Infrarouges s’engage à servir l’industrie navale avec la technologie IRST 360° la plus avancée et la plus fiable.

Rencontrez HGH Systèmes Infrarouges cette semaine, stand C37 HALL 2B à Paris Le Bourget, Parc des Expositions.

A propos d’HGH Systèmes Infrarouges:

Fondé en 1982, HGH conçoit, développe, assemble et commercialise des systèmes optroniques pour applications industrielles, civiles et de sécurité. En 35 ans, HGH s'est imposé comme une référence internationale pour l'innovation technologique en optronique, à travers le développement de multiples capteurs thermiques. Basée à Igny (Essonne), HGH se situe au centre de la Vallée de l’Optique qui regroupe les laboratoires de recherche et les industriels les plus reconnus du secteur de l’optique.

Madame Florence Parly,
ministre des Armées
Salon Euronaval
Le Bourget, le 23 octobre 2018

Au coeur des espoirs, des rêves, des tensions et des rivalités se trouve un espace infini. L’espace de l’aventure et de la découverte. La route du commerce et des échanges. La croisée de la science et de l’imaginaire.
Cet espace, c’est la mer.
Il n’est pas une civilisation ou un peuple, qui n’ait tenté de la dompter, de l’appréhender. Elle a accueilli les guerres et permis les conquêtes. Elle a créé des liens intenses et nourri le développement.
Aujourd’hui, l’océan est plus que jamais au centre des enjeux et des incertitudes de notre monde.
L’enjeu des ressources, à l’heure où le pétrole pourrait manquer, où les espèces meurent, où l’accès à l’eau se fait plus incertain.
L’enjeu des frontières, dont les pirates et les passeurs se moquent ; des frontières dont les grandes puissances, en recherche d’affirmation, se jouent.
L’enjeu de la sécurité, alors que les trafics durent, que le commerce et le développement ne peuvent prospérer sans le respect du droit des océans
Il nous faut donc, plus que jamais, maîtriser les flots, car je vous livre ma conviction : la paix et la sécurité se construisent au large.
Aujourd’hui, 90% des marchandises transitent par la mer. Il nous faut garantir la sécurité des échanges.
Aujourd’hui, la Chine agit en mer de Chine méridionale comme dans une mer intérieure tandis que dans le golfe de Guinée ou au large de la corne de l’Afrique, les pirates et bandits pillent les ressources, font fuir les opportunités, enrayent le développement. Il faut que la mer reste un espace de liberté, que son accès y soit garanti, la liberté de navigation, assurée.
Aujourd’hui, la France possède la deuxième zone économique exclusive. Elle se donne à l’Atlantique et à la Méditerranée, mais aussi à l’océan Pacifique et l’océan Indien. Elle doit connaître ses espaces maritimes et y faire respecter sa souveraineté. Il en va de nos ressources, de notre commerce. Il en va de la sécurité et de la liberté des Français, de notre capacité à nous faire entendre.
Je suis fière de notre Marine nationale. Nos marins connaissent les défis. Ils connaissent leurs missions et leurs enjeux. Ils savent dompter la houle et faire flotter partout notre drapeau.
La marine nationale, c’est un des coeurs stratégiques. J’étais il y a deux semaines à Brest pour célébrer la 500e patrouille d’un SNLE. Aujourd’hui, la 501e patrouille lui a succédé, et assure sous les mers la crédibilité et la continuité de notre dissuasion. Avec notre composante aéroportée, elle garantit la souveraineté et notre capacité à décider.
La Marine nationale assure la protection de nos approches maritimes ; elle est aussi présente au large, là où notre défense commence. Elle assure notre capacité à acheminer les matériaux et les vivres. Elle est là pour protéger nos îles, elle est là pour venir en aide à nos populations, souvenons-nous de la réaction exemplaire de notre marine après l’ouragan Irma. Elle nous permet d’agir et de réagir, et l’a encore fait, il y a quelques mois lors de l’opération Hamilton. Elle nous offre une capacité de projection décuplée grâce à notre groupe aéronaval.
La Marine nationale est une Armée puissante et respectée. Elle nous offre protection et sérénité. Elle repousse les frontières de l’innovation et de la technique, car chaque bateau est une pépite technologique, un concentré de précision et un défi en soi.
Notre marine relève les défis et s’empare de toutes les mers, comme l’a encore montré notre bâtiment de soutien et d’assistance hauturier, le Rhône, en devenant il y a quelques semaines le deuxième bâtiment militaire non russe seulement à franchir le passage du Nord-Est, des eaux glacées de la Norvège au détroit de Béring. Cette réussite, en seulement 14 jours, est la preuve de nos capacités, de notre détermination et affirme haut et fort que la France sera un acteur de cette zone si stratégique du grand nord.
Nous avons besoin de notre Marine. Nous avions donc besoin de lui donner des moyens à la hauteur des défis qu’elle affronte. A la hauteur de la situation internationale, de ses tensions et de son instabilité. A la hauteur de notre impérative mission de protéger tous les Français en métropole comme outre-mer.
Pendant trop d’années, notre défense a connu des restrictions et des incertitudes. Pendant trop d’années, le retard est devenu la norme dans nos programmes d’armement. Pendant trop d’année, l’écart s’est creusé entre la réalité de nos engagements et de nos besoins et les réponses que l’on consentait à y apporter
Cela ne pouvait plus durer. Cela ne devait plus durer. La loi de programmation militaire 2019-2025, c’est la réponse qu’attendaient nos Armées.
Le cap fixé par le Président de la République est clair et sans ambiguïté. Il fallait rendre à la défense les pleins moyens de son action. En prévoyant d’investir 295 milliards d’euros pour notre défense d’ici 2025, la LPM nous permet d’aller vers notre objectif, consacrer 2% de notre richesse nationale à la défense.
Avec cette LPM, nous donnons à nos militaires des meilleures conditions d’engagement. Nous investissons dans l’avenir, nous nous préparons à répondre aux conflits de demain. Avec cette LPM, nous faisons le pari des coopérations, j’y reviendrai. Nous choisissons, aussi, d’embrasser le tournant de l’innovation.
Cette LPM, aussi, c’est le renouvellement massif de nos capacités militaires. Aucune armée n’a été oubliée, et la Marine nationale ne fait pas exception.
Nous allons conforter les programmes, les accélérer. Nous allons aussi nous préparer, au mieux, en augmentant les cibles pour les capacités les plus stratégiques et là où les manques se faisaient les plus criants. Cet engagement, ce sont autant de livraisons concrètes qui arrivent. C’est aussi un chiffre, 12 milliards d’investissements sur 6 ans pour nos capacités de combat naval.
Dès 2019, deux bâtiments de soutien et d’assistance hauturier, une frégate multimissions, un patrouilleur léger antillais, un bâtiment multimissions, deux Atlantique 2 rénovés et deux hélicoptères NH90 seront livrés à la Marine. Voilà ce que j’appelle le renouveau de nos Armées. Ce ne sont pas des mots, ce ne sont même pas des chiffres, ce sont des réalisations très concrètes
Alors, pour y parvenir, nous aurons besoin de la mobilisation de tous. Nous avons des moyens exceptionnels, nous avons donc des responsabilités exceptionnelles. La loi de programmation militaire garantit les meilleurs équipements à la France, elle garantit aussi des carnets de commande remplis pour nos industriels.
Car le naval n’est pas seulement un enjeu militaire, c’est aussi un enjeu économique et industriel. Rien qu’en Europe, ce sont 50 000 emplois, 12 milliards de chiffres d’affaire, et tant de compétences et de savoir-faire uniques, que nous devons entretenir et conserver.
Euronaval est l’occasion de nous réunir. C’est l’occasion de mesurer l’étendue des savoirs, des innovations et la diversité des acteurs. Ce sont 400 exposants qui sont présents, qui représentent chacun une facette de l’industrie navale de défense, du talent et de l’audace qui la guident. Ce sont 120 délégations étrangères pour l’un des plus grands salons navals du monde. C’est le lieu de l’échange. C’est le rappel que la France se tient aux côtés de ses partenaires pour les grands projets navals que nous menons ensemble, que ce soit en Australie, en Amérique du sud ou en Europe.
Avec la loi de programmation militaire, nous allons donner de l’activité à l’industrie navale. Vous êtes des acteurs de la remontée en puissance de nos Armées, vous en êtes partie prenante. Alors, je l’ai déjà dit à d’autres occasions et je le répète aujourd’hui, chacun de nous, chacun de vous a des responsabilités. Si nous vous faisons confiance, c’est parce que nous croyons en vous. La France sera une cliente exigeante, qui est prête à dépenser, mais en payant au prix juste, pour des matériels au meilleur niveau de performance, en demandant à ce que les délais soient respectés.
Et il est vrai que grâce à la loi de programmation militaire, le travail ne va pas manquer. Il ne va pas manquer du tout. Cette LPM, ce sont autant de renouvellement et d’opportunités pour notre industrie de défense.
Nous allons continuer la modernisation de notre dissuasion pour en maintenir la sécurité, la fiabilité et la crédibilité. Nos SNLE resteront invulnérables et nous lancerons dans les années qui viennent les études pour le SNLE de troisième génération et la future version du missile balistique M51.
Les 4 premiers sous-marins nucléaires d’attaque de type Barracuda seront livrés et les 2 derniers commandés pendant la période de la LPM. Ils remplaceront les sous-marins de type Rubis et feront de notre composante sous-marine une des plus performantes au monde. Ils nous permettront d’élargir le champ d’action du missile MdCN. Ils nous offriront, enfin, des capacités démultipliées pour le déploiement de nos forces spéciales.
Nos frégates seront renouvelées. Les trois dernières FREMM seront livrées d’ici 2022. Les deux premières frégates de taille intermédiaire, les FTI, seront livrées pendant la LPM et les trois suivantes commandées. Ces livraisons seront complétées par celles de trois frégates légères de type La Fayette, qui feront l’objet d’un programme de rénovation pour en optimiser et en prolonger l’emploi.
Les avions de patrouille maritime Atlantique 2 seront quant à eux modernisés en profondeur et seront à la fois plus opérationnels et plus nombreux, puisque nous en rénoverons 18 au lieu des 15 prévus dans la LPM précédente. 7 aéronefs de surveillance maritime seront commandés en 2020, puis 6 nouveaux en 2025 et, au total, 3 seront livrés sur la période de la LPM.
Nous affronterons en face la question des mines et des IED maritimes. Un nouveau programme, le Système de Lutte Anti-Mine du Futur sera lancé. Il sera plus efficace, plus performant et s’appuiera sur un bâtiment porteur embarquant drones de surfaces et drones sous-marins. Sur la période de la LPM, nous commanderons et livrerons 4 systèmes de drones, issus notamment de travaux préparatoires menés en coopération avec le Royaume-Uni, ainsi que 2 bâtiments de guerre des mines et 3 bâtiments base pour plongeurs démineurs.
Notre marine a besoin, aussi, de patrouilleurs. C’est une composante indispensable pour faire respecter notre souveraineté dans les 10 millions de kilomètres carrés de notre ZEE, une composante indispensable pour la sécurité de nos outre-mers. Alors, nous réagissons. Le nombre de patrouilleurs sera porté de 17 à 19, dont 11 patrouilleurs de nouvelle génération qui seront livrés d’ici 2025 contre 4 prévus initialement. Ils viendront utilement compléter les B2M et les BSAH dont le déploiement s’achèvera en 2019 avec la livraison des trois derniers bâtiments.
Mais toute notre capacité à agir, même au loin, repose sur notre capacité à durer. Nous avons besoin d’une flotte logistique forte, renouvelée, efficace. La loi de programmation militaire permettra donc de disposer de 4 pétroliers ravitailleurs de nouvelle génération. C’est la garantie de notre pleine opérationnalité, c’est-à-dire de l’autonomie des forces déployées, donc de notre pleine souveraineté.
Cette flotte est déterminante. Nous avons besoins des meilleurs équipements et nous en avons besoin rapidement. Alors nous avons décidé d’unir nos forces avec l’un de nos grands partenaires européens et j’ai l’honneur d’annoncer que nous mènerons le programme FLOTLOG en coopération avec l’Italie. Sur le fondement d’une conception italienne, Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique pourront ainsi renouveler notre flotte de pétroliers ravitailleurs et deux d’entre eux seront livrés avant 2025.
Le choix de la coopération avec l’Italie, c’est le choix de l’ambition et c’est le choix de l’efficacité. Nous avons déjà montré avec le programme FREMM notre capacité à oeuvrer ensemble, de concert. Le programme FLOTLOG va accentuer, encore, la coopération franco-italienne pour les bâtiments de surface.
Je crois que sur les mers, la France et l’Italie ont beaucoup à gagner à unir leurs forces, à travailler de concert. Je crois que nous avons intérêt à gagner des offres ensemble plutôt qu’à les perdre séparément. Je crois que nous avons intérêt à faire le choix de l’Europe, à multiplier nos capacités et élargir notre horizon. Oui, je crois que la France et l’Italie ont beaucoup à faire ensemble en matière d’industrie navale. Mon homologue italienne et amie Elisabetta Trenta sera présente à Paris ce soir et je crois que nous aurons quelques annonces à faire.
Nous devons préparer, aussi, résolument l’avenir de notre groupe aéronaval. Il constitue une capacité stratégique de notre défense nationale et de la Marine Nationale. Une capacité efficace et performante. Une capacité que nous devons entretenir et renouveler.
Aujourd’hui, le Charles de Gaulle finit sa remise à niveau. Dès le premier trimestre 2019, il pourra repartir en mission opérationnelle avec l’ensemble de son groupe aéronaval. Je voulais saluer ici l’ensemble des acteurs étatiques et industriels qui ont participé à ce chantier exceptionnel, l’un des plus important mené ces dernières années dans notre pays. Grâce au travail de tous, le Charles de Gaulle a encore de belles années devant lui, bien au-delà de 2030.
Mais, le Charles de Gaulle aura besoin d’un successeur. Dans un monde où seul l’immédiat compte, il était peut-être plus confortable de renvoyer ce choix à plus tard. Ce n’est pas vraiment ma conception du rôle des décideurs publics. C’est pourquoi je suis fière, aujourd’hui, ici, au Bourget, lors de ce salon Euronaval, de lancer officiellement le programme de renouvellement de notre porte-avions.
Cette étape une, qui se lance aujourd’hui, c’est la phase d’étude. C’est déterminer ensemble ce que nous voulons et comment nous le voulons pour notre futur porte-avions.
Nous nous donnons 18 mois. 18 mois pour répondre à trois questions.
La première : quelles menaces devra-t-il affronter ? Quelles missions pour ce futur porte-avions ? De ces réponses, nous pourrons déduire les contraintes d’emploi, les besoins en termes de systèmes de combat et l’articulation nécessaire avec son escorte.
La deuxième question que nous aborderons, c’est celle des caractéristiques de notre futur porte-avions en fonction de ce que sera l’état de l’art technologique en 2030. Nous avons lancé en coopération avec l’Allemagne, l’avion de combat du futur, le SCAF. Le porte-avions devra être en mesure de l’accueillir dans toutes ses capacités. Le mode de propulsion, nucléaire ou classique, sera examiné. Nous devrons prendre en compte, aussi, les ruptures technologiques à venir. Je pense, par exemple, à la révolution que représentent les catapultes électromagnétiques.
En répondant à cette question, nous devrons toujours garder un oeil sur les coopérations que nous pourrions mener. Des coopérations pour le navire lui-même, peut-être, mais aussi des coopérations pour permettre au porte-avions nouvelle génération d'accueillir des aéronefs de nos partenaires européens. Ce porte-avions pourra servir jusqu’aux dernières décennies du XXIe siècle, nous ne pouvons pas nous permettre de le concevoir avec un horizon étriqué.
La dernière question à laquelle nous répondrons, c’est celle de l’innovation. Ne limitons ni notre horizon, ni notre imagination. Nous ne devons pas refaire à l’identique, mais chercher les capacités les plus ingénieuses, les plus utiles et les plus efficaces. Faisons de ce porte-avions, une véritable base avancée de notre marine, aiguillon de notre innovation.
Nous devrons être réalistes mais ambitieux. Et grâce à ces études approfondies, imaginatives et rigoureuses, nous pourrons établir l’architecture de ce futur porte-avions et poser les bases de l’organisation industrielle nécessaire pour le bâtir en respectant les délais et les coûts.
Par ces études, nous pourrons déterminer, aussi, le nombre d’unités dont la France et l’Europe auront besoin à terme. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs, le temps est à la conception, pas encore à déterminer combien de navires sont nécessaires.
Nous avons 18 mois devant nous. 18 mois passionnants et exaltants. Les études s’achèveront en 2020, je les suivrai avec la plus grande attention. Et alors, nous serons en mesure de proposer des choix au Président de la République.
Ces grands programmes structurent notre Marine nationale. Mais la loi de programmation militaire ne laisse de côté aucun matériel, aucun engagement. Remorqueurs, chalands, embarcations d’instruction, vedettes, engins de débarquement… la LPM 2019-2025 en prévoit des centaines d’exemplaires.
Tous ces matériels devront être entretenus, opérationnels et après le MCO aéronautique et le MCO terrestre, j’ai lancé une étude pour moderniser le MCO naval et je prendrai des décisions début 2019 pour améliorer encore les performances du Ministère en la matière. Pour naviguer davantage, nous avons aussi décidé de doter une partie de nos navires de deux équipages. Là encore, pour atteindre nos objectifs, la disponibilité des matériels devra être au rendez-vous.
Nous devrons aussi être ingénieux, innovants, laisser leur place à toutes les idées et toutes les initiatives. Nous avons lancé la hausse des crédits dédiés à la recherche et à l’innovation. Une première étape a été franchie dès cette année et d’ici 2022, nous consacrerons un milliard d’euros par an aux études amonts.
La DGA a entamé sa modernisation pour y intégrer plus de flexibilité, plus d’innovation, pour permettre de mieux gérer l’imprévu tout en gardant la maîtrise inestimable et reconnue du long-terme.
L’agence pour l’innovation de défense, tout juste créée, donnera le tempo de l’innovation dans notre ministère. Elle devra être un guide, un phare devrais-je dire, pour nous dépasser, pour que la soif de l’audace supplante définitivement la peur de l’échec. Et sachez que je n’ai aucun doute : notre marine montrera le cap de l’innovation.
Nous laisserons tous, ministère comme industries, les PME et les ETI jouer tout leur rôle, proposer des idées et des avancées. Nous les traiterons avec respect, considération. J’en prends l’engagement et je compte sur chacun pour laisser toute sa place à l’ingéniosité de nos start-up et de nos petites entreprises.
Je parle d’innovation, je parle donc de jeunesse. Nous devons permettre à notre jeunesse de s’investir dans notre filière navale. Nous avons besoin de leur vitalité et de leur dynamisme. L’industrie navale a à leur offrir des métiers passionnants, des défis pour l’avenir. Nous devons leur donner l’envie, l’envie d’avoir envie, si j’ose dire. Et je voulais saluer l’initiative du GICAN qui en installant ici un « Navire des métiers » permet d’amener nos jeunes vers l’industrie navale.
Enfin, quand notre regard se porte au large, je ne peux pas envisager de ne pas parler d’Europe. Pour faire face aux menaces et peser face à nos ennemis, nous avons besoin de l’Europe de la défense. Pour gagner des marchés, permettre les innovations, peser face à des concurrents notamment asiatiques et américains de plus en plus puissants, nous devons coopérer et développer notre industrie européenne de défense.
Je l’avais dit lors du salon Eurosatory, je le répète ici, nous devons créer des industries fortes et solides parce qu’elles sont intégrées. Nous devons disposer de capacités capables d’agir et d’opérer ensemble. Nous devons façonner une grammaire commune des équipements européens.
Et depuis un an et demi, l’Europe de la défense avance à grands pas. Elle avance notamment pour nos capacités. Le fonds européen de défense va permettre à l’Europe d’investir directement pour les programmes de demain. La coopération structurée permanente a établi une liste impressionnante de projets capacitaires. Ce sont ces avancées qui construisent notre souveraineté européenne. Ce sont ces avancées qui nous permettront d’être forts ensemble plutôt que seuls et exposés.
Alors mettons en commun nos efforts, partageons nos savoir-faire et nos talents. Avec des équipements capables d’agir ensemble, nous serons plus forts. Avec une industrie qui coopère plus, qui coopère mieux, nous serons plus puissants, plus compétitifs sur nos marchés comme à l’export.

Mesdames et messieurs,
La France est une Nation maritime. Elle est maritime par essence, cernée par les océans. Elle est maritime par nécessité, pour la sécurité de nos ressources et de nos concitoyens. Elle est maritime, aussi, par caractère. Parfois calme, souvent impétueuse.
La France est une Nation d’industrie, forte de grands succès technologiques, de constructeurs et de chantiers navals puissants. La France est une Nation européenne, déterminée à la construire et à lui donner un sens et une force.
Et le succès et la vitalité d’Euronaval le montrent une fois de plus, la France est prête, déterminée. Elle se tient avec ses partenaires, à l’avant-poste de la coopération et de l’innovation. Elle entame le renouveau de sa défense et lance les programmes qui structureront son avenir et sa puissance au large.
Notre détermination est totale. Notre succès sera collectif. J’ai confiance et nous pourrons, ensemble, faire face aux embruns et nous emparer, résolument des flots.
Vive la République ! Vive la France !

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