Allocution de M. Gérard COLLOMB, ministre d’État, ministre de l’Intérieur

à l’occasion

de la Cérémonie en mémoire de Laura et Mauranne, victimes de l’attentat du 1er octobre 2017

Parvis de la gare Saint-Charles, Marseille

Allocution de M. Gérard COLLOMB, ministre d’État, ministre de l’Intérieur  à l’occasion  de la Cérémonie en mémoire de Laura et Mauranne, victimes de l’attentat du 1er octobre 2017  Parvis de la gare Saint-Charles, Marseille

Un an.

Un an qui n’efface rien, ni la douleur, ni la colère, ni l’indignation.

Un an, le temps qui s’écoule alors même que tout est suspendu à ce jour tragique où ici, à Marseille, la barbarie montrait son visage, la haine, son déchaînement.

Oui, il y a un an, ici même, à la gare Saint Charles, Laura et Mauranne étaient emportées par la folie meurtrière du terrorisme.

Un terrorisme qui pèse aujourd’hui sur tous nos esprits car il est désormais une menace permanente dans tous les pays, sur tous les continents où comme ici des familles, des amis pleurent la disparition de celles et ceux qui leur étaient chers.

Ce premier octobre restera à jamais gravé dans nos mémoires, il est gravé dans mon cœur. Il n’a jamais, depuis, cessé de guider l’action que je mène.

Ce jour-là, quand j’ai appris les faits, je suis immédiatement venu ici, j’ai rencontré les militaires qui avaient pu venir à bout du terroriste. Ils m’ont tout dit de la tragédie qui venait de se passer.

Puis dans les heures qui ont suivi, j’ai tout appris.

Et pour moi, l’horreur s’est rajoutée à l’horreur.

Oui, ce week-end, Laura était venue de Lyon pour rencontrer sa cousine Mauranne qu’elle chérissait. Et c’est quelques dizaines de minutes avant que Laura ne reprenne son train pour Lyon que le terroriste a frappé.

Laura, vous l’avez dit, était élève infirmière dans la région lyonnaise, elle avait choisi de dédier sa vie au service des autres.

Elle connaissait l’abnégation, la disponibilité et la force que demande cette belle profession. Elle savait quelle exigence allait être celle de ce futur travail. Mais cela ne lui faisait pas peur.

Elle était généreuse, dévouée, se rendant toujours disponible, apportant à sa famille, à ses amis, mais aussi aux louveteaux et jeannettes qu’elle encadrait comme cheftaine scout une joie, un enthousiasme, un supplément d’âme.

Quelques jours après le drame, dans le ciel de Lyon, un avion a dessiné les lettres de son prénom.

Chacun a tourné les yeux vers le ciel.

Et si le vent a soufflé, le nom de Laura restera gravé dans les cœurs et dans les mémoires de celles et ceux qui l’ont aimée.

Mauranne avait, elle, 20 ans.

C’était l’intelligence même, la vivacité.

Elle faisait partie de ces personnes qui donnent sans se mettre en avant. Qui écoutent et apprennent, pour mieux partager.

Dans cet arrière-pays provençal où elle a grandi, Mauranne brillait en effet par sa générosité de cœur comme par sa capacité à apprendre, à comprendre.

Mauranne avait comme sa cousine la passion des autres, la volonté de rendre service.

Animatrice du centre aéré d’Éguilles, elle a laissé dans cette ville un souvenir inoubliable à tous les enfants qu’elle a accompagnés, à vous-même Monsieur le maire.

C’est sans doute cette passion des autres qui l’avait conduite à vouloir devenir médecin. Elle était une élève brillante qui avait franchi sans difficultés le stade de cette première année tant redoutée. Elle achevait sa deuxième année, brillamment !

Laura, Mauranne, vos grands-parents, vos parents, votre frère et vos sœurs, ont perdu leur rayon de soleil. Avec vous, la République a perdu, encore une fois, deux de ses enfants.

Mais personne à Marseille, à Lyon, comme à travers toute la France, ne vous oubliera. Votre souvenir a, au cours de cette année orienté bien des choix que j’ai eu à faire.

Il continuera, dans l’avenir, à déterminer les décisions que j’aurai à prendre.

Dans quelques minutes, vos parents, vos amis iront disposer des roses blanches devant cette plaque que nous venons de dévoiler.

Tous ceux que vous aimiez ont choisi, pour accompagner ces roses, les chansons : « Imagine » de John Lennon, et « Tant de belles choses », de Françoise Hardy.

Laura et Mauranne, les paroles de ces chansons disent beaucoup de ce que vous étiez, de ce que sont vos parents, vos amis, de ce que vous souhaitiez : un monde beau, généreux, humain.

Oui vous portiez le rêve immense d’une société réconciliée, d’une société sans qui notre République ne serait plus ce qu’elle est, d’une société sans qui la France perdrait de son âme et de ses valeurs. 

G6 à Lyon

8 et 9 octobre 2018 

Enjeux migratoires / Sécurité et lutte contre le terrorisme

 

Une réunion du G6 associant les ministres de l’Intérieur des six plus grands pays de l’UE (France, Allemagne, Royaume Uni, Espagne, Italie, Pologne), le Commissaire européen à la Sécurité et le Commissaire européen aux Migrations, ainsi que le Procureur général des Etats-Unis et une représentante de la Secrétaire américaine à la sécurité intérieure, se tiendra les 8 et 9 octobre à Lyon, sous la présidence de Gérard Collomb. Comme lors de la précédente réunion à Séville, le G6 se déroulera dans la ville d’où est originaire le ministre de l’Intérieur du pays hôte. 

Une première session consacrée aux enjeux migratoires se tiendra lundi 8 au soir à l’Hôtel de Ville de Lyon. Les enjeux de sécurité et de lutte contre le terrorisme seront évoqués le mardi 9, dans le cadre de sessions de travail qui se tiendront au Groupama Stadium, où se déroulera en parallèle une démonstration du «schéma national d’intervention» avec un exercice de grande ampleur de gestion d’un attentat terroriste faisant intervenir plusieurs centaines de forces spécialisées et de figurants. Une quarantaine de délégations techniques internationales y assisteront. Prévu depuis plusieurs mois, cet exercice permettra aux ministres du G6 ainsi qu’aux délégations techniques de mieux appréhender le savoir-faire français en cas d’attaque terroriste dans un lieu public.

Une photo de famille et un point presse clôtureront la réunion ministérielle du G6.

G6 à Lyon

8 et 9 octobre 2018 

Enjeux migratoires / Sécurité et lutte contre le terrorisme

Une réunion du G6 associant les ministres de l’Intérieur des six plus grands pays de l’UE (France, Allemagne, Royaume Uni, Espagne, Italie, Pologne),

G6 à Lyon  8 et 9 octobre 2018   Enjeux migratoires / Sécurité et lutte contre le terrorisme  Une réunion du G6 associant les ministres de l’Intérieur des six plus grands pays de l’UE (France, Allemagne, Royaume Uni, Espagne, Italie, Pologne),
Congrès national des sapeurs-pompiers de Bourg-en-Bresse : Le ministre présente le plan d’action pour un nouvel élan du volontariat et d’autres mesures en faveur des sapeurs-pompiers.

Congrès national des sapeurs-pompiers de Bourg-en-Bresse : Le ministre présente le plan d’action pour un nouvel élan du volontariat et d’autres mesures en faveur des sapeurs-pompiers.

Congrès national des sapeurs-pompiers de Bourg-en-Bresse : Le ministre présente le plan d’action pour un nouvel élan du volontariat et d’autres mesures en faveur des sapeurs-pompiers.

 

Gérard COLLOMB, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a clos ce jour le 125ème congrès national des sapeurs-pompiers qui s’est tenu du 26 au 29 septembre à Bourg-en-Bresse. La veille, le ministre avait rencontré et pu échanger avec des sapeurs-pompiers et des professionnels de la filière représentant tous les métiers de la sécurité civile et de l’incendie.

Le ministre a ainsi souligné l’engagement permanent, les compétences et le dévouement des près de 240 000 sapeurs-pompiers au service des Français. Parmi lesquels 195 000 sapeurs-pompiers volontaires assurent quotidiennement la protection des personnes et des biens. Le sapeur-pompier est le premier acteur de la chaîne de secours.

A l’occasion du congrès national, et répondant à la déclaration du Président de la République devant les forces de sécurité civile en octobre 2017, il a présenté un plan d’action pour le volontariat, qui fait la force du dispositif français de sécurité civile.

Ce plan ambitieux fait suite à la remise au ministre en mai dernier du rapport de la mission relative à l’avenir du volontariat, confiée à cinq personnalités :

- Catherine TROENDLE, vice-présidente du Sénat, présidente du Conseil national des sapeurs-pompiers volontaires (CNSPV) ;

- Fabien MATRAS, député du Var ;

- Olivier RICHEFOU, président du conseil départemental de la Mayenne, président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNSIS) ;

- Eric Faure, président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) ;

- Pierre BRAJEUX, vice-président du MEDEF.

Les 37 mesures, dont le calendrier de mise en œuvre prévoit la réalisation de 19 d’entre-elles d’ici la fin du premier trimestre 2019, soit la moitié des mesures, reposent sur trois axes :

-          Attirer et susciter des vocations, en représentant mieux notre société, c’est à dire en donnant toute leur place aux femmes et en intégrant les jeunes venant de tous les horizons ;

-          Fidéliser et mettre le sapeur-pompier volontaire au cœur du dispositif, en prenant en compte les compétences individuelles et les contraintes et les obligations des employeurs ;

-          Diffuser les bonnes pratiques et s’assurer de l’utilisation de tous les outils mis à disposition.

Le ministre de l’Intérieur a également rappelé les travaux engagés avec Agnès BUZYN, ministre des solidarités et de la santé, en matière notamment de secours d’urgence à la personne, soulignant le nécessaire développement de l’interopérabilité et d’une coordination toujours plus efficace entre les sapeurs-pompiers et le service d’aide médicale urgente (SAMU).

Enfin, il a signalé les actions entreprises en matière de prévention et de lutte contre les agressions envers les sapeurs-pompiers. Le Gouvernement est résolu et déterminé à sécuriser les conditions d’intervention des sapeurs-pompiers. Les auteurs d’agressions seront systématiquement poursuivis.

Allocution de M. Gérard COLLOMB, ministre d’État, ministre de l’Intérieur

 

à l’occasion de son déplacement dans l’agglomération de Grenoble,

sur les thématiques de sécurité et d’ordre public

Aujourd’hui, je suis venu à Grenoble, parce que je sais combien est grande la violence dans cette ville, combien a cru la délinquance, combien cette ville est gangrénée par les narco-trafics.

J’ai voulu d’abord aller dans le quartier de la Villeneuve où, il y a six ans jours pour jour, le 28 septembre 2012 deux jeunes gens, Kévin NOUBISSI et Sofiane TADBIRT ont été lynchés par douze individus.

Ils étaient morts fauchés en pleine jeunesse, tout simplement parce que, comme le dira CALOGERO dans la chanson qu’il leur dédiera, ils étaient juste là « un jour au mauvais endroit ».

Dans la région, l’émotion fut intense et encore aujourd’hui, de nombreux habitants se recueillent devant la stèle dressée en souvenir de ces deux adolescents. Et c’est en déposant une gerbe à leur mémoire que j’ai voulu débuter ma visite dans l’agglomération grenobloise.

Hélas, ils n’ont pas été les seules à être victimes de cette violence aveugle qu’on constate dans cette agglomération grenobloise.

Deux ans plus tard Julien PRACONTÉ allait être tué à la sortie d'une discothèque du quartier Hoche ; le 5 novembre 2015, Grégory BAHARIZADEH allait être, lui, mortellement poignardé en pleine rue par un mineur âgé de seize ans ; le 16 juillet 2016, Salim BELHADJ était lui aussi la victime d'un coup de couteau meurtrier dans le quartier Hoche.

Enfin, le 29 juillet dernier, Adrien PEREZ, était poignardé à la sortie d’une autre discothèque.

J’ai pris connaissance hier, de la lettre que les parents de ce jeune homme avaient envoyée à la Présidence de la République.

J’avais déjà prévu de les rencontrer lors de cette visite à Grenoble, ce que j’ai fait tout à l’heure, comme je rencontre toujours les proches de toutes celles et tous ceux qui ont pu disparaître dans des circonstances aussi douloureuses. Parce que je comprends quelle peut être leur colère, leur indignation, le sentiment d’être abandonnés de tous.

Les 3 co-auteurs de l’agression d’Adrien PEREZ ont été identifiés.

Les 2 frères ayant porté les coups de couteau sont mis en examen pour « homicide volontaire, tentative d’homicide volontaire et violences avec arme » et ont été placés en détention provisoire.

L’établissement de nuit devant lequel a eu lieu ce crime a été fermé par la Préfecture.

Les arrestations rapides montre que nos policiers agissent, que vous agissez.

Et je veux ici saluer votre engagement.

Depuis le début de l’année seulement, 67 affaires en lien avec la criminalité organisées ont été traitées, 2.200 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été relevées, soit une augmentation de +14%.

Et j’ai à l’esprit, le démantèlement le 26 janvier d’un réseau d’importation de trafiquants important la saisie de 4,4 kilos de cocaïne et l’incarcération de 8 individus. J’ai à l’esprit la découverte, le 29 avril, d’un attirail de guerre et la saisie de 97 kilos de cannabis et d’1,4 kilos de cocaïne, et l’écrou de 2 individus. Et beaucoup d’autres affaires similaires ont été réalisées cette année, par les fonctionnaires de la police judiciaire mais également par ceux de la sûreté, particulièrement impliqués sur les affaires de trafic.

Depuis le début de l’année, 183 kilos de résine de cannabis, 4,4 kilos d’héroïne et 6 kilos de cocaïne ont été saisis, soit pratiquement autant que sur l’ensemble de l’année 2017.

Alors oui, vous, policiers, n’avez pas attendu que je vienne à Grenoble pour agir.

Mais je sais que vous pensez tous que dans cette agglomération la situation est gravissime.

Si elle l’est dans votre agglomération, elle l’est hélas dans beaucoup d’autres quartiers de nos villes.

En arrivant au Ministère l’acuité des problèmes.

C’est pourquoi j’ai, depuis mon arrivée au Ministère, décidé, conformément aux engagements du Président de la République, de mettre en œuvre le plan prévoyant la création de 10 000 postes supplémentaires dans la police et la gendarmerie.

En 2018, 2000 postes ont déjà été créés et c’est la création de ces postes qui me permet aujourd’hui d’aller à la rencontre des premiers effectifs arrivés en renfort dans les quartiers de reconquête républicaine.

Ces quartiers, il y en aura 30 d’ici janvier prochain dans lesquels - en effectifs net - il y aura entre 10 et 30 policiers supplémentaires. Je dis bien en effectifs net parce que je sais que l’on annonce souvent aux élus des augmentations d’effectifs mais que, compte tenu des départs en retraite et des demandes de mutation, quelques temps après, les chiffres peuvent baisser inexorablement.

Mesdames et Messieurs, je connais la réalité du nombre de policiers dans la circonscription de Grenoble : un déficit de 33 gardiens de la paix par rapport à l’effectif de référence.

Mais sachez que dans beaucoup de villes c’est aujourd’hui le cas. Parce qu’entre 2008 et 2012, certes, à cause de la crise, on a supprimé 12 500 policiers et gendarmes en France.

Comme je vous l’ai dit, depuis que je suis Ministre, je récrée ces postes mais il faut un an pour former des policiers ou des gendarmes et c’est pour cela que les premiers effectifs n’arrivent qu’aujourd’hui

Il y a un an, nous prenions la décision de recruter.

Aujourd’hui elle se concrétise dans les faits en ce mois de septembre.

Je ne suis donc pas dans l’incantation mais dans la réalisation.

Qui peut admettre que l’insécurité dégrade l’image de toute une ville, qu’elle conduise à une baisse sans précédent des prix de l’immobilier comme me l’ont dit ce matin les habitants dont je suis allé à la rencontre.

Et si je suis venu aujourd’hui c’est pour vous dire que l’État prendra ses responsabilités.

Oui, l’État est décidé à engager à Grenoble la reconquête républicaine.

Mais ils faut que nous soyons tous décidés à entamer la reconquête de Grenoble.

● Cette reconquête passe d’abord par des moyens humains supplémentaires.

Il s’agit du nerf de la guerre. Et c’est totalement nécessaire.

Des policiers en plus, c’est en effet ce qui permet aux patrouilles d’être plus nombreuses et donc d’investir les quartiers les plus difficiles sans peur de se faire prendre à parti ou agresser.

Des policiers en plus, c’est ce qui permet d’assurer une présence permanente sur la voie publique, dissuasive pour les délinquants et rassurantes pour la population.

Car si nous parlons de quartier de reconquête républicaine, c’est parce que oui, dans un certain nombre de quartiers ce n’est plus l’ordre républicain mais celui des bandes, des narcotrafiquants qui hélas règne pour le plus grand malheur de la population.

Et je l’affirme ici, notre engagement, mon engagement c’est de hisser à nouveau le drapeau de la République dans chaque rue, dans chaque quartier, sur chaque dalle de tous ces quartiers.

J’étais la semaine dernière aux Tarterêts à Corbeil-Essonnes, à Aulnay-sous-Bois, à Sevran, là aussi la situation est très dégradée et vos collègues policiers m’ont confié que c’était eux désormais qui devenaient la cible.

Cela doit changer.

Cela changera aussi à Grenoble. Et je veux prendre un premier engagement, c’est que d’ici la fin de l’année 2018, à la faveur des sorties des écoles, le directeur général de la police nationale affectera une vingtaine de policiers dans cette circonscription. Ce sera une première étape, une première réponse qui permettra de diminuer de moitié l’écart à l’effectif de référence.

Deuxième engagement : j’ai entendu le besoin de stabilité dans les renforts en forces mobiles affectés à l’agglomération grenobloise.

Compte tenu de la situation actuelle des effectifs sur le territoire, nous ferons en sorte que la demi Compagnie Républicaine de Sécurité affectée dans l’agglomération ne soit plus mobilisée très souvent ailleurs mais puisse se concentrer dans la zone de Grenoble, y compris, si cela s’avérait nécessaire, en menant des opérations de maintien de l’ordre dans les cités difficiles, en appui des policiers affectés à la sécurité publique.

Si des opérations spécifiques le justifient, j’ai par ailleurs demandé au directeur général de la police nationale d’affecter ponctuellement des renforts supplémentaires.

Troisième engagement, immédiat : pour renforcer notre efficacité collective dans la lutte contre les trafics, l’antenne de police judiciaire de Grenoble sera renforcée dès le printemps prochain. Sans attendre, nous mettrons en place, dans les jours à venir, une CROSS – cellule de renseignement opérationnelle sur les stupéfiants.

Son but : réunir, en un seul lieu, l’ensemble des informations recueillies par les différents services pour décloisonner l’information, établir une cartographie précise des réseaux de trafiquants et mener une action encore plus forte, encore plus ciblée, pour éradiquer ce fléau qui détruit nos quartiers, ce fléau qui brise des vies. Et ce en lien étroit avec l’autorité judiciaire.

Parce que je crois que sur ces territoires, seule une action coordonnée et interministérielle entre les différents acteurs est indispensable, nous créons ici une cellule de lutte contre les trafics (CLCT), comme je l’ai installée mardi à Lille coprésidée par le préfet et le procureur dans le respect des attributions de chacun.

Elle permettra d’élaborer une vraie stratégie de lutte contre la criminalité organisée et de faire converger les priorités d’actions pénales définies par le procureur et les moyens susceptibles d’y être dédiés par les différents acteurs.

Mais il nous faudra à Grenoble aller encore plus loin car oui, ici, la situation extrêmement dégradée.

Quelques chiffres :

Ici, les atteintes à l’intégrité physique des personnes s’élèvent à 12 pour 1.000 habitants contre 6 au niveau national et 8,5 pour la seule zone placée sous la compétence de la police nationale.

Malgré une diminution de 6% sur les 8 premiers mois de l’année, les atteintes aux biens s’établissent pour leur part à 50 pour 1000 habitants, contre seulement 20 au niveau national et 28 pour la zone placée sous la compétence de la police nationale.

Quant aux règlements de compte sur fond d’affrontements entre territoires et de trafic de stupéfiants, bien qu’en baisse cette année (4 homicides ou tentatives contre 10 en 2016 et 15 en 2015), ils demeurent évidemment à un niveau beaucoup trop élevé.

Ici, la délinquance et le crime ont changé d’échelle.

Ils s’organisent à l’échelle internationale, financés par des réseaux mafieux de très grande envergure ; ils se structurent sur le territoire autour d’un certain nombre de caïds; et tout en bas il y a ces jeunes hélas dévoyés qui font les guetteurs.

C’est l’ensemble de ce système qu’il faut donc neutraliser à la fois par le haut, et nos services spécialisés ont été renforcés en France comme à l’étranger et par le bas, en renforçant, comme je viens de l’annoncer nos forces dans les quartiers.

La criminalité portée par la drogue est protéiforme.

Et l’on voit une économie souterraine où se conjuguent trafics de stupéfiants, trafic de faux papier, proxénétisme, trafic d’armes, vols et recels, blanchiment d’argent.

Cette délinquance est, je viens de dire, particulièrement forte en zone Police mais elle l’est aussi dans la zone Gendarmerie où le taux de violences pour 1.000 habitants, comme celui des atteintes aux biens, sont supérieurs à la moyenne nationale.

Bien que le contexte soit sans doute très particulier, chacun a par ailleurs à l’esprit ici l’incendie volontaire qui a embrasé la gendarmerie de Meylan en novembre 2017 et généré une grande inquiétude parmi les gendarmes et leurs familles

Il y a ici un contexte global, oui.

Oui, sur ce territoire, la situation sécuritaire est au plus haut point préoccupante, je le reconnais.

C’est pourquoi, je veux annoncer ici  que sur un périmètre qu’il appartiendra au préfet de me proposer après consultation des élus locaux, Grenoble sera dans les quartiers de reconquête républicaine de la deuxième vague

Très concrètement, la mise en place de ce dispositif et l’affectation de renforts en nombre significatif permettra à la circonscription non seulement d’atteindre mais de dépasser son effectif de référence. Ce sera une première depuis au moins 10 ans.

Et cet engagement sera tenu dans les douze prochains mois

En tout, en plus des compensations des départs à la retraite ou en mutation, ce sont donc a minima 35 policiers qui vont venir renforcer, dans les mois à venir, l’agglomération grenobloise.

35 policiers. Je parle comme je l’ai dit d’effectifs nets.

Messieurs les Maires, il faut que l’État agisse et nous allons le faire.

Il nous faut ici établir entre nous un partenariat fructueux car la sécurité c’est une co-production.

Je l’ai souvent dit, et dans beaucoup de villes c’est déjà le cas, ce n’est que dans un concours étroit entre forces de sécurité nationales et polices municipales que l’on pourra assurer la protection de nos concitoyens

Je veux donc travailler avec vous élus, avec vous  polices municipales, avec les associations, les citoyens, car c’est comme cela que l’action sera véritablement efficace.

Les menaces auxquelles nous sommes confrontées sont en effet de plus en plus diffuses, réticulaires.

Y faire face suppose donc de faire bloc parce que ce sont toujours les citoyens qui sont les premières victimes de l’insécurité.

Monsieur le Maire, j’étais mercredi dans l’agglomération lilloise et en particulier à Tourcoing.

J’ai pu voir combien la coopération était forte et efficace entre police nationale et police municipale.

C’est ce type de liens qu’il convient de développer dans chacune des communes de l’agglomération grenobloise et en particulier à Grenoble.

On peut être, pour des raisons théoriques ou idéologiques, contre la vidéoprotection mais croyez-moi, ce n’est pas simplement à mon expérience de Ministre de l’Intérieur que je fais référence mais à celle de Maire de Lyon et de Président de l’agglomération.

Quand on développe la vidéoprotection, cela accroit singulièrement l’efficacité de la police qui peut se déployer très vite partout où il y a urgence, partout où nos concitoyens sont en danger.

Quand on développe la vidéoprotection, cela permet, aussi, à la justice d’avoir des preuves lorsque des actes ont été commis, et des crimes hélas perpétrés.

À Grenoble, on dénombre actuellement 72 caméras pour 163 000 habitants.

À Tourcoing, dont je parlais tout à l’heure, c’est 150 – deux fois plus – pour 97 000 habitants – soit une population deux fois moindre.

Il existe donc, vous en conviendrez, une importante marge de progression.

Messieurs les Maires, je vous demande donc, pour protéger au mieux vos administrés de vraiment développer de tels outils.

Second enjeu majeur : la capacité des policiers municipaux à appuyer les forces nationales sur le terrain.

Il faut que nous travaillions ensemble dans des patrouilles mixtes en particulier pour intervenir dans les lieux où la délinquance est la plus marquée, c’est-à-dire au sud des grands boulevards.

J’ai entendu, Monsieur le Maire de Grenoble, que la sécurité était pour vous une priorité, parce qu’elle est aussi une préoccupation première de nos concitoyens.

Et bien travaillons ensemble car vous le savez, la vérité de l’intention, c’est l’acte.

Je ne doute donc pas que vous prendrez les mesures nécessaires pour faire progresser la réponse qu’ensemble nous devons apporter.

Je voudrais aussi délivrer un deuxième message aux policiers de cette circonscription.

Il savent que, si à Grenoble, l’effectif constaté est aussi loin de l’effectif théorique, c’est parce qu’on a du mal à fidéliser les fonctionnaires de police, en raison précisément  du niveau de violence que connaît la ville.

Les renforts annoncés contribueront incontestablement à diminuer ce phénomène. Mais au-delà, j’ai été saisi d’une demande des fonctionnaires de la création d’une prime de fidélisation qui existe dans une série d’autres circonscriptions.

Il m’est impossible de ne pas entendre cette demande.

Je pense, en effet, que la difficulté de la situation grenobloise justifie qu’on étudie la possibilité d’étendre à Grenoble le dispositif dont bénéficient les policiers qui travaillent en Ile de France, à Marseille, ou même à Lyon.

C’est pourquoi j’ai demandé au DGPN d’engager, avec les représentants syndicaux, une réflexion sur la possibilité de prendre des mesures significatives pour les policiers de Grenoble et de la circonscription.

Ces mesures s’adressent spécifiquement à votre territoire.

Mais, Mesdames et Messieurs les policiers, vous allez aussi bénéficier des grandes réformes que nous sommes en train de mettre en œuvre au niveau national.

Une des grandes aspirations que vous avez manifestée dans la concertation préalable à la Police de Sécurité du Quotidien, c’était la réforme de la procédure pénale.

Comme nous l’avons à nouveau souligné mercredi lors d’un déplacement commun à Lille avec la Garde des Sceaux, la réforme pour la Justice qui sera présenté au Sénat dans quelques semaines prévoit une réforme importante de la procédure pénale qui simplifiera considérablement la tâche des policiers et des gendarmes.

Ce qui leur permettra d’être davantage sur le terrain.

Réformée, la procédure pénale sera aussi dans les mois qui viennent dématérialisée, grâce à la mise en place de la signature numérique, qui aboutira à des échanges sécurisés entre policiers et magistrats.

Je vous ai parlé effectifs je veux vous dire aussi que le Projet de Loi de Finances 2019 prévoit grâce à une augmentation des moyens alloués à la Police Nationale de +2.9%, soit +216M€ de concrétiser notre programme de création et de rénovations de commissariats, d’acheter des véhicules, de répondre aux besoins d’équipements de protection et munitions, d’équiper les forces de 60 000 tablettes et smartphones NEOPOL dont vous connaissez la grande efficacité.

Enfin, dans le courant de l’année prochaine, seront livrés plus de 4 000 caméras-piéton qui équiperont en priorité les quartiers de reconquête républicaine et permettront d’objectiver l’ensemble des actions menées par les forces de police. Elles ne pourront plus être accusées à tort.

Mesdames et Messieurs, je veux conclure mon propos en citant les mots qui sont ceux des parents d’Adrien PEREZ.

Ils disaient :

« Liberté… Elle disparaît lorsque l’Etat s’avère incapable d’assurer la sécurité de chacun.

Egalité… Elle disparaît lorsque l’Etat consent à ce qu’une minorité meurtrière fasse régner la terreur.

Fraternité… Elle disparaît lorsque l’Etat laisse la violence régir les relations sociales. »

Mesdames et Messieurs, je ne peux qu’y souscrire. Je ne peux que les reprendre.

Car la volonté absolue du Gouvernement c’est de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour rétablir l’ordre et la sécurité partout en France.

C’est en effet la condition indispensable pour que vive notre devise nationale.

C’est la condition pour que vive la République !

Et que vive la France !

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